Centre d’actualités de l’ONU – Le contrôle des migrations ne peut se résumer seulement à la mise à l’écart des personnes, selon des experts

24 octobre 2016 – Deux experts des Nations Unies sur les droits de l’homme ont appelé lundi les Etats membres de l’ONU à élaborer des stratégies et des politiques de long terme pour faciliter plutôt que de restreindre les migrations soulignant que la gestion de ces dernières ne peut seulement se résumer à la fermeture des frontières et à la mise à l’écart des personnes.«Un changement fondamental dans la manière dont la migration est perçue et encadrée est nécessaire », ont déclaré le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants, François Crépeau, et le Président du Comité de l’ONU sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, Jose S. Brillantes , dans un communiqué de presse. « Nous devons réguler la mobilité en ouvrant des voies régulières, sûres, accessibles et abordables de migrations. Nous devons également promouvoir l’intégration et célébrer la diversité », ont-ils ajouté.La nécessité d’une vision stratégique de long terme« Les politiques migratoires actuelles restent de court terme, en se concentrant sur comment arrêter les migrants ou extraire autant de travail pour aussi peu de rémunération possible », ont noté les experts. « Comme ils le font pour l’énergie, l’agriculture, le transport ou les politiques environnementales, les États doivent élaborer une vision stratégique à long terme sur la façon dont ils voient leurs politiques et pratiques de migration et de mobilité d’ici une génération », ont-ils souligné.Afin de réduire la vulnérabilité des migrants et les autonomiser afin qu’ils se battent pour leurs droits, M. Crépeau et M. Brillantes ont appelé à des consultations et débats publics adéquats, incluant les voix des migrants, afin que les États forgent une compréhension commune de la nécessité de voies de mobilités régulières, sûres, accessibles et abordables. «Nous voyons le Pacte mondial sur la migration comme une première étape dans cette direction », ont-t-ils indiqué.La mobilité humaine est une partie intégrante des ODDLes experts ont exprimé l’espoir que le processus de deux ans pour l’élaboration du Pacte mondial des Nations Unies sur la migration va produire une stratégie à long terme pour faciliter la mobilité – comme indiqué dans la cible 10.7 du HREF=”http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/development-agenda/”>Programme de développement durable à l’horizon 2030.«En émulant le processus des objectifs de développement durable (ODD), le Pacte mondial pourrait mettre en place un ‘Programme 2033 pour faciliter la mobilité humaine’, soulignant une vision à long terme basée sur les droits humains et l’établissement des objectifs, des cibles et des indicateurs pour tous les Etats membres. Un tel résultat concret ajouterait de sens et de l’action à la rhétorique du sommet de haut niveau de l’ONU du 19 septembre dernier sur les mouvements massifs de réfugiés et de migrants », a déclaré M. Crépeau.L’appel des experts intervient avant leurs présentations à l’Assemblée générale, y compris celle du Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants qui présentera son rapport sur le développement du Pacte mondial des Nations Unies sur la migration.Une crise de leadership moral et politiquePour M. Brillantes, la migration a façonné l’histoire de l’humanité et est là pour rester. « Construire des clôtures, en utilisant la violence, la détention de personnes à une échelle massive, en refusant l’accès à l’essentiel comme le logement, la nourriture ou l’eau, et en utilisant un langage menaçant ou des discours haineux, n’arrêtera pas les migrants de tenter de franchir les frontières », a-t-il prévenu.« Réguler efficacement la mobilité exige des États de développer un concept beaucoup plus sophistiqué de la migration, en tenant compte de tous les avantages et les défis, y compris la croissance économique, les changements démographiques, la diversité culturelle, l’intégration sociale, la liberté personnelle, et le respect de l’état de droit», ont souligné les deux experts.M. Crépeau et M. Brillantes ont souligné qu’en tant que pourcentage de la population mondiale, le taux de migration reste faible, ayant ralenti entre 2010 et 2015. « Ce que nous avons n’est pas une ‘crise migratoire’, mais plutôt une crise de leadership moral et politique, fondée sur la peur, les fantasmes, l’exclusion et la bigoterie parfois pure et simple », ont-ils fait remarqué.« Nous espérons que le Sommet de haut niveau de l’ONU sur les réfugiés et les migrants du mois dernier a inauguré un leadership moral qui utilisera les droits de l’homme de chacun et de chaque personne comme boussole morale de toute action et aboutira à une stratégie de long terme pour faciliter la mobilité, prenant ainsi une étape réaliste vers la réalisation de nos ODD », ont conclu les experts.

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