Les réfugiés handicapés sont oubliés – La Libre.be

Les réfugiés handicapés présents en Grèce n’ont pas accès aux services de base.Si la vie des réfugiés qui se trouvent actuellement parqués dans des camps en Grèce n’est déjà pas rose, celle des migrants souffrant d’un handicap s’apparente carrément à un calvaire. Les témoignages récoltés au cours des quatre derniers mois par l’ONG Human Rights Watch sont en effet accablants.Alors que la météo hivernale rend les conditions de vie très difficiles dans ces camps, les besoins particuliers de ces personnes vulnérables ont été complètement négligés, dénonce l’ONG, qui pointe également le manque d’accès à des services de santé mentale et de soutien psychologique alors que de nombreux demandeurs d’asile souffrent de traumatismes liés aux violences subies dans leur pays d’origine, mais aussi aux épreuves de l’exil.Pas de douche pendant un moisInterrogées par l’organisation, plusieurs témoins racontent ainsi la difficulté d’accéder en chaise roulante aux lieux où s’opèrent les distributions de nourriture et de produits hygiéniques de base, en raison de la nature inappropriée du terrain. Une Syrienne âgée de 85 ans explique notamment ne pas avoir pris de douche pendant un mois car celles-ci étaient inaccessibles en fauteuil roulant et, en outre, ne disposaient pas d’eau chaude. Des difficultés se présentent également au niveau des toilettes.Human Rights Watch pointe du doigt les faiblesses du processus d’enregistrement mis en place par les autorités grecques (avec l’appui de plusieurs organismes européens) et le manque de formation du personnel chargé de mettre en œuvre cette procédure. A défaut d’être correctement identifiées, il est difficile d’estimer le nombre de personnes handicapées parmi les demandeurs d’asile présents en Grèce. « Néanmoins, d’après l’OMS, 15 % de la population globale présente une forme de handicap, et ce taux est probablement plus élevé chez des populations qui ont été affectées par une guerre », commente une représentante de l’ONG.Pour HRW, les autorités doivent s’assurer que ces personnes ont un accès équitable à l’assistance fournie dans ces centres. Une priorité devrait en outre leur être donnée – de même qu’aux autres personnes à risque, comme les femmes enceintes, les enfants ou les personnes âgées – dans le transfert vers des logements préfabriqués chauffés avec accès à l’eau chaude.Le Parlement européen s’en mêle (un peu)A la demande du groupe social-démocrate, la situation humanitaire des demandeurs d’asile coincés en Grèce et sur la route des Balkans sera également évoquée au Parlement européen ce jeudi. « Nous souhaitons que ce sujet revienne en tête de l’agenda et que les engagements qui ont été pris, notamment en matière de relocalisation dans les autres Etats membres, soient tenus », explique leur porte-parole.Du côté de la Commission européenne, on souligne suivre attentivement la situation, reconnaissant que celle-ci nécessite une réponse immédiate. Et on répète être prêt à financer des centres de réception supplémentaires. Une visite en Grèce du commissaire à la Migration Dimitris Avramopoulos pourrait également avoir lieu prochainement, alors que les blocages semblent se poser au niveau des autorités locales des îles grecques qui s’opposent à toute nouvelle implantation.De son côté, le ministre grec à l’Immigration Ioannis Mouzalas a récemment déclaré avoir demandé à l’UE l’autorisation de déroger à l’accord passé avec la Turquie pour transférer des réfugiés dans des camps situés dans la partie continentale du pays, où les conditions de vie seraient meilleures. Mais il n’aurait reçu aucune réponse.La situation sur les îles est si catastrophique que l’accès à la presse y est drastiquement limité. Pour parer au plus pressé, le gouvernement d’Alexis Tsipras a lancé la création en urgence d’infrastructures adaptées aux conditions hivernales et envoyé sur place un navire militaire capable d’accueillir 500 réfugiés. Si les choses se sont quelque peu améliorées, cela reste inacceptable, selon des témoignages recueillis par téléphone.Des soucis en Belgique aussiL’ONG médicale Médecins du monde a attiré mardi l’attention des autorités sur le sort de certains migrants présents dans notre pays. L’organisation estime que pas moins de 200 réfugiés et migrants sont en transit rien que dans et autour des gares bruxelloises du Nord et du Midi. Médecins du monde se dit également préoccupée par la situation à Zeebrugge, où elle est active, et où sont actuellement bloqués une trentaine de réfugiés. Si ces personnes peuvent trouver refuge auprès du Samusocial dans le cadre du plan hiver bruxellois en cas de froid extrême, l’ONG constate que les centres urbains flamands et wallons n’ont quasiment pas tenu compte de l’impact de la crise des réfugiés dans l’organisation de leur plan hiver. Ce qui a pour conséquence que les centres ne sont pas adaptés à cette population ou manquent de capacité d’accueil.

Source : Les réfugiés handicapés sont oubliés – La Libre.be