La Louvière : des élèves se glissent pendant quatre jours dans la peau d’un réfugié – La DH

Un professeur propose un projet social insolite à ses élèves

C’est un projet pour le moins original qui sera mené dès aujourd’hui par un professeur de l’athénée provincial de La Louvière. Durant quatre jours et trois nuits, soit jusqu’à vendredi, il invitera ses élèves à se glisser dans la peau d’une personne réfugiée récemment arrivée en Belgique. Par cette expérience sociale, le professeur espère induire le questionnement et la réflexion dans le chef de ses étudiants. »Nous avons donné notre accord mais c’est l’enseignant qui a préparé ce projet de A à Z. Il rentre dans le cadre d’un cours philosophique et a pour objectif de montrer aux élèves les difficultés auxquelles les personnes immigrées sont confrontées en arrivant dans un pays qu’elles ne connaissent pas, souvent sans papiers », explique Georges Chavagne, directeur régional de l’enseignement provincial pour le Centre.

Entre cinq à sept étudiants issus du site des Arts et Métiers se sont portés volontaires pour vivre l’expérience. « Nous n’avons évidemment rien imposé, les étudiants ont eu le choix. Pendant quatre jours, ils vivront dans des abris de fortune, à savoir des tentes, sur un terrain que la Ville a accepté de mettre à notre disposition. »Ils auront alors le loisir d’aller à la rencontre de différents intervenants, notamment sociaux, afin de comprendre le parcours que chaque réfugié se doit d’effectuer et les difficultés rencontrées au quotidien. « Nos élèves ne sont évidemment pas plongés dans les mêmes conditions. Le terrain est salubre, ils disposeront de sanitaires et ils savent que vendredi, tout sera terminé. Nous avons également obtenu de la zone de police locale de La Louvière que des patrouilles soient effectuées le soir pour assurer la sécurité du groupe », ajoute Georges Chavagne. »

C’est un beau projet qui entraînera le débat, tant entre les étudiants qui le vivent qu’avec les étudiants restés en classe. Ils pourront relater ce qu’ils ont vécu et échanger leurs points de vue. » Un projet similaire avait déjà été mené il y a plusieurs années toujours à l’initiative de ce même professeur. « Avec les récents événements, la problématique s’est réveillée avec plus de force encore. D’où l’envie de renouveler l’idée. » Si les étudiants expriment des avis positifs et que l’impact d’une telle mise en situation est réel, ce genre d’initiative pourrait se réitérer.

Source : La Louvière : des élèves se glissent pendant quatre jours dans la peau d’un réfugié – La DH