Fashion Week homme: des silhouettes eighties ou romantico-punk

Balenciaga a ouvert mercredi la Fashion Week homme à Paris avec un vestiaire aux influences années 1980, qui se veut « destiné aux promenades et à la randonnée » mais renvoie aussi à une actualité plus politique en évoquant l’Europe et le « pouvoir des rêves ».

Au premier des cinq jours de présentations des collections printemps-été 2018, en pleine canicule, le show Balenciaga offrait un peu de fraîcheur sous les frondaisons du bois de Boulogne.

Les mannequins y ont défilé tantôt accompagnés d’enfants comme des pères de famille, tantôt tenant une bicyclette à la main.

Le directeur artistique, Demna Gvasalia, après s’être intéressé à la silhouette de l’employé de bureau la saison dernière, a cette fois imaginé un vestiaire pour des hommes en week-end, « détendus et heureux ».

L’influent créateur géorgien, également à la tête de la marque branchée Vetements, a « conçu des polos, des chemises, des vêtements d’extérieur destinés aux promenades et à la randonnée, des jeans ayant vécu et des vestes indolentes », décrit la marque.

L’allure rappelle les années 1980, avec des parkas vintage ou un jean neige porté avec des chaussures à boucles, des chemises hawaïennes à coucher de soleil criard, des vestes à larges épaules. Le directeur artistique, fidèle à son art du détournement, joue avec les limites du bon goût. L’une des pièces phares est un pantalon modulable, comme un patchwork de matières à trois étages: short, bermuda, pantalon.

La collection de ce designer qui a lui-même émigré en Allemagne dans son enfance, et vit désormais à Zurich, prend aussi des accents politiques, avec les mots « Europe », « Europa! », « The Power of Dreams » ou « Think Big! » sur des dossards ou des vestes plastifiées, qui peuvent évoquer le rêve de réfugiés arrivant en Europe.

Côté accessoires, le créateur s’inspire à nouveau du quotidien de l’homme de la rue: après son cabas multicolore, il décline le sac plastique de supermarché dans une version luxueuse en cuir.

– Icosae: bad boy romantique –

Du côté de la jeune marque française Icosae, qui présentait son deuxième défilé dans le calendrier officiel de la Fashion week homme à Paris, l’humeur était romantico-punk.

La marque, qui a été retenue pour représenter la France pour le prochain prix Woolmark, a été créée en 2014 par les frères Florentin et Valentin Glemarec, la petite vingtaine tous les deux.

L’homme imaginé par ce duo est un « bad boy » qui porte une boucle d’oreille volumineuse, des lunettes fumées, des costumes ajustés à carreaux ou des jeans délavés.

Des zips, des clous argentés, des manches ouvertes à hauteur des épaules apportent la touche rebelle. Pour le côté romantique, des coeurs, qui reviennent en motifs récurrents, et du rose pâle, qui colore un jean, une chemise en soie ouverte sur le torse, un blouson.

Des boots en strass, signées Christian Louboutin, complètent la silhouette.

– Facetasm déconstruit –

Les coeurs et les zips étaient aussi de mise chez Facetasm, marque du Japonais Hiromichi Ochiai, qui jouait la déconstruction et mêlait formes, matières et styles: kilts, chaussettes de sport, parka courte devant, ultra-longue à l’arrière…

Dans ce défilé mixte, les hommes portent du rouge à lèvres et les femmes affichent autour de la bouche une fleur dessinée au crayon noir comme une fine moustache.

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