France: plan de réformes pro-business et promesses d'économies

Le Premier ministre français Edouard Philippe a dévoilé mardi un programme ambitieux de réformes économiques et sociales, avec notamment des mesures pro-business et des promesses de réduction des dépenses, dans la ligne fixée par le président Emmanuel Macron.

Assurant vouloir « éviter de creuser un fossé entre deux France », celle des « métropoles mondialisées » et « la France périphérique », le chef du gouvernement a multiplié les annonces en matière d’éducation, de santé et surtout de budget, déclinant dans le détail le « cap » fixé la veille par le chef de l’Etat devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles.

Paquet de cigarettes porté « progressivement » à 10 euros, vaccins obligatoires pour les enfants, lunettes et soins dentaires mieux remboursés, réforme du baccalauréat, « rénovation » du système des retraite et de la protection sociale… cet homme de 46 ans issu de la droite modérée a fait plusieurs annonces concrètes, régulièrement applaudi par sa large majorité de députés pro-Macron.

Pour relancer l’économie, « les entreprises doivent retrouver l’envie de s’installer et de se développer sur notre sol plutôt qu’ailleurs », a-t-il dit en annonçant plusieurs mesures fiscales très attendues par le monde de l’entreprise, comme une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés de 33 à 25% d’ici 2022.

Face au nouveau dérapage budgétaire hérité du gouvernement socialiste sortant, la France est aussi particulièrement scrutée par ses partenaires européens, notamment l’Allemagne. Edouard Philippe s’est engagé à trouver les quatre milliards d’euros nécessaires pour ne pas franchir la barre des 3% de déficit en 2017, comme promis la semaine passée.

« La France est dans les cordes et aucune esquive ne nous sauvera », a justifié Edouard Philippe dans son discours d’une heure.

Il a ainsi souhaité désintoxiquer » la France de son « addiction (…) à la dépense publique » en baissant cette dernière de 3 points de PIB sur cinq ans, et a promis qu' »aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale » ne seraient « sanctuarisés ».

Il faut « stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public », a-t-il insisté.

Le chef du gouvernement a par ailleurs promis que les contribuables ne seraient pas « la variable d’ajustement du budget », en annonçant une baisse de la « pression fiscale, d’un point de PIB sur cinq ans ».

Pour ne pas vider les caisses, certaines des promesses de M. Macron ne seront appliquées qu’en 2019, comme l’allègement de l’impôt sur la fortune.

– ‘réconcilier’ –

D’autres promesses de campagne deviennent des objectifs officiels: 2% du PIB consacrés à la Défense en 2025, convergence de prix entre le diesel et l’essence, accès au très haut débit partout en France d’ici 2022, construction de 15.000 places de prison…

Dans son discours, M. Philippe a aussi abordé la question migratoire – « accueillir oui bien sûr, aider oui évidemment, subir non jamais »-, la lutte contre le terrorisme – « nous ne baisserons pas la garde »- et l’Europe – « tout faire pour réconcilier les Français avec l’Union européenne ».

Le gouvernement présentera « la semaine prochaine » des mesures pour réduire « de 14 à 6 mois » les délais d’instruction des demandes d’asile et « obtenir l’éloignement effectif » des déboutés. La prolongation de l’Etat d’urgence adopté depuis les attentats meurtriers de novembre 2015 figure parmi les premiers textes que doit voter le parlement. Puis sera discuté « un projet de loi renforçant l’efficacité de notre arsenal législatif contre le terrorisme, sous le contrôle rigoureux du juge », comme l’a dit M. Philippe.

Le vote de confiance, prévu après les interventions des représentants des différents groupes parlementaires, devait être une simple formalité, grâce au soutien des 314 députés du groupe REM (hors six élus nommés au gouvernement pas encore remplacés) et des 47 députés du parti centriste MoDem.

Au total, le gouvernement pourrait obtenir une très large majorité, autour de 380 voix, un niveau qui n’a pas été atteint depuis les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin (374 voix en 2002 et 2004) mais qui restera loin du record du gouvernement d’Alain Juppé (464 voix en 1996).

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