Bénévole au parc Maximilien, Nabil accuse la police de l'avoir brutalisé car il filmait un contrôle

Un bénévole actif au parc Maximilien à Bruxelles accuse des policiers de l’avoir agressé à deux reprises, lors d’opérations de contrôle des migrants. La police lui reprochait de filmer la scène. Le Bruxellois a été reçu par le Comité P, la police des polices, qui a ouvert une enquête. Mathieu Col et Michel Herinckx ont interrogé le bénévole et la police.

Sur les images récupérées par Nabil, on voit le sol, et on entend le bénévole demander poliment à la police d'arrêter de le pousser. “Je vous demande d'arrêter de filmer“, rétorque un agent à l'accent néerlandophone. Ensuite, la vidéo part subitement sur le côté, suite à un coup qu'on devine violent.

La scène s'est déroulée ce jeudi au parc Maximilien, à Bruxelles. Nabil a assisté à des contrôles de migrants, avant d'avoir été plaqué au sol par des policiers. “Je réponds poliment au policier qu'il n'a pas à me pousser et qu'il ne peut pas faire ce genre d'acte. Le policier n'a rien entendu et il m'a fait un croche-pied, m'a mis par terre et il m'a tapé“, confie Nabil Moujahid, qui vient en aide aux migrants du parc Maximilien.

Un premier incident similaire était déjà survenu lundi. Là, des policiers avaient plaqué Nabil contre leur camionnette, avant de s'emparer de son téléphone. “L'agent a regardé à son aise, il a effacé plusieurs photos et vidéos personnelles. Je ne sais même pas ce qu'il a fait. Ça a duré cinq bonnes minutes. Et ce jeudi, c'était pareil. Il a pris mon téléphone et il l'a jeté“, explique le témoin.

Des commissariats refusent d'enregistrer sa plainte

Après ces deux expériences, certificat médical à l'appui, Nabil décide d'aller déposer une plainte dans un commissariat: on lui refuse. Dans un deuxième commissariat: on lui refuse encore. “J'étais un peu interloqué. J'ai dit qu'en fait j'étais en contact avec le Comité P qui m'assurait que c'était comme ça que ça se passait, et je donne justement le numéro de la personne de contact au Comité P. Et là c'est un peu différent, ils se sont entretenus, et finalement ils ont accepté d'acter ma plainte“, précise Nabil.

Des témoins ont pourtant le droit de filmer, mais pas de diffuser la vidéo

Ce que les policiers reprochaient à Nabil, apparemment, c'était de filmer les opérations avec son téléphone portable. Pourtant, la porte-parole de la police est formelle: ce n'est pas un délit. “En fait, les gens ont le droit de filmer, mais c'est ce qu'ils font après qui est important. Si les gens, par la suite, mettent ce qu'ils ont filmé en public, là ils ne peuvent pas le faire“, indique Ilse Van De Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles.

Oui, parfois il y a de la nervosité

Concernant les opérations dans le parc, la police reconnaît qu'elles sont parfois tendues. “Oui, parfois il y a de la nervosité, mais c'est dû aux circonstances. Il y a des gens qui, effectivement, nous surveillent de près. Et c'est pas l'idéal pour intervenir, parce qu'on veut rester calme et que ça se passe bien“, affirme Ilse Van De Keere.

Nabil coordonne l'aide au parc Maximilien depuis plusieurs mois, mais les événements récents l'ont sérieusement refroidi. “Ils s'en prenaient déjà aux migrants, maintenant ils s'en prennent aux bénévoles. On dirait que c'est une certaine continuité, et pour l'instant ça fonctionne assez bien“, estime-t-il.

Suite à la plainte déposée au Comité P, c'est maintenant à la police des polices de juger le dossier.

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