Italie: erreur d'identité ou pas, le "boss" des passeurs devant les assises

(Belga) Le procès d’un Erythréen soupçonné d’avoir dirigé un vaste réseau de passeurs sans scrupules s’est ouvert mardi devant la cour d’assises de Palerme, reprenant à zéro après 18 mois de procédures malgré de très forts soupçons d’erreur d’identité.

“Tout cela est vraiment étrange pour moi, ce n’est pas mon nom, ce n’est pas mon prénom, ce n’est pas mon identité”, a déclaré, en larmes, l’homme présenté à la cour comme Medhanie Yedhego Mered, selon plusieurs médias présents. Soupçonné d’être “le général” d’un réseaux de trafiquants de migrants, avec des antennes en Libye, au Soudan, aux Emirats arabes unis et dans plusieurs pays européens, il a été arrêté en mai 2016 à Khartoum et extradé vers l’Italie. Mais malgré ses déclarations répétées dénonçant une erreur, étayées par des documents et des témoignages, et la fragilité des éléments d’identité présentés par l’accusation, la procédure a duré des mois devant une cour pénale, avant d’être transférée aux assises. Dès l’annonce de l’extradition, plusieurs personnes ayant eu affaire au “général” ont déclaré ne pas le reconnaître dans le jeune homme arrêté, tandis que des proches ont assuré à l’AFP que ce jeune homme s’appelait Medhanie Tesfamariam Berhe, un réfugié de 29 ans installé à Khartoum depuis 2014. Dernier élément en date, la défense a déposé mardi la retranscription d’un interrogatoire aux Pays-Bas d’un frère du “général”, qui le reconnaît formellement sur la photo accompagnant le mandat d’arrêt international émis en 2014 et à laquelle l’homme présenté à la cour ne ressemble pas du tout. Cet été, l’hebdomadaire américain The New Yorker avait affirmé, citant un entretien téléphonique de trois heures avec le vrai “général”, qu’il était en prison sous une autre identité en 2016, probablement aux Emirats arabes unis, pour utilisation d’un faux passeport. Selon les enquêteurs, Medhanie Yedhego Mered a organisé à partir de 2013 le voyage souvent mortel de centaines de personnes par mois, surtout des jeunes de la Corne de l’Afrique, à travers le Sahara puis la Méditerranée. Son réseau est en particulier accusé d’avoir affrété le bateau qui a pris feu et coulé le 3 octobre 2013 au large de Lampedusa, faisant plus de 366 morts que l’île italienne a honorés mardi, quatre ans après le drame. (Belga)

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