Mélenchon à Athènes pour consolider les liens avec la gauche anti-Tsipras

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est attendu en Grèce vendredi et samedi pour participer au lancement du parti de Zoe Konstantopoulou, qui n’a pas pardonné au Premier ministre de Syriza Alexis Tsipras sa “trahison” face aux créanciers d’Athènes.

Alors qu’il durcit le ton ces dernières semaines sur l’Union européenne telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, M. Mélenchon, accompagné d’autres parlementaires LFI, doit prononcer un discours à l’occasion du Congrès de “Cap vers la liberté” (Plefsi Eleftherias) de Mme Konstantopoulou devenue, à gauche, une des adversaires les plus acharnées d’Alexis Tsipras.

Après l’épisode retentissant du drapeau européen, que les députés LFI souhaitaient voir remplacé à l’Assemblée nationale par celui de l’ONU, M. Mélenchon a récemment alerté sur le niveau de la contribution française à l’Union européenne.

Calculant que sur plus de 20 milliards de contribution quelque 6 milliards d’euros ne seront pas directement ou indirectement redistribués à la France, le député des Bouches-du-Rhône n’a pas hésité à reprendre à son compte la célèbre phrase de Margaret Thatcher: “I want my money back” (Rendez-moi mon argent).

D’autant, a-t-il argumenté, que la France est par ailleurs toujours en procédure de déficit excessif en raison d’un déficit public (Etat, collectivités, protection sociale) supérieur à l’équivalent de 3% de son produit intérieur brut.

Mardi, il a critiqué l’accord européen sur les travailleurs détachés, y voyant un “cruel trompe l’oeil” puisque, selon lui, “même diminuée, la durée autorisée de ces contrats de travail reste supérieure à la durée réelle actuelle”. “Le dumping social va donc continuer impunément”, a-t-il regretté.

A Athènes, M. Mélenchon doit visiter l’Institut français vendredi, puis l’Acropole samedi, avant de rencontrer des “Insoumis” vivant dans la capitale grecque.

Le député LFI de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud devait déjà se rendre jeudi au hotspot de Samos, où se sont récemment accélérées les arrivées de réfugiés arrivant pour la plupart de Syrie et d’Irak.

La députée de l’Ariège, Bénédicte Taurine, et celui de Gironde, Loïc Prud’homme sont également du voyage.

  • ‘trahison’ –

Proche du député des Bouches-du-Rhône depuis de nombreuses années – elle a participé à un meeting du Front de gauche dès 2013 puis à la première Convention nationale de La France insoumise, en octobre 2016 – Mme Konstantopoulou est devenue présidente du Parlement grec lorsque Syriza a remporté les législatives en janvier 2015.

Toute la gauche européenne, vent debout contre les consignes de rigueur imposées par Bruxelles, attendait beaucoup de cette élection remportée sur la promesse de résister aux créanciers réclamant des mesures d’austérité drastiques, après déjà plusieurs années de restrictions.

Mais Alexis Tsipras a signé six mois plus tard un troisième mémorandum (après ceux de 2010 et 2012) avec de nouveau un cortège de mesures très peu sociales, en échange de prêts. Une “trahison”, pour M. Mélenchon et Mme Konstantopoulou.

Connue pour ses positions intransigeantes, Mme Konstantopoulou a créé une “Commission pour la vérité sur la dette publique grecque”. Cette dernière a conclu à une dette “insoutenable, odieuse, illégale et illégitime” mais le gouvernement Tsipras n’a pas donné suite.

Puis en septembre 2015, Mme Konstantopoulou, désormais considérée comme une dissidente de Syriza, a perdu son siège lors des nouvelles législatives convoquées par M. Tsipras pour écarter la frange la plus à gauche de son parti, dont il savait qu’elle n’accepterait jamais de voter les mesures d’austérité qu’il avait acceptées.

Parallèlement, Mme Konstantopoulou retrouvait M. Mélenchon et l’ancien président du parti allemand Die Linke Oskar Lafontaine pour le premier “sommet du plan B” à Paris. Il s’agit de chercher des alternatives au “néolibéralisme” des traités européens dont les participants sont prêts, s’ils arrivent au pouvoir, à faire sortir leur pays, à moins d’engagements de la commission sur l’harmonisation sociale ou l’indépendance de la Banque centrale européenne.

La cinquième édition de ce sommet s’est tenue le weekend dernier à Lisbonne.

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