Australie/Manus Island: Situation tendue pour les réfugiés privés de vivres et électricité

(Belga) Des centaines de réfugiés et demandeurs d’asile ont refusé mardi de quitter le centre de détention des services australiens de l’immigration sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), en dépit de l’absence de nourriture, d’eau et d’électricité. La fermeture du centre délocalisé était prévue mardi, comme la Cour suprême de PNG l’avait ordonné l’an passé, jugeant le système inconstitutionnel.

“Les réfugiés sont catégoriques, ils ne vont pas quitter le centre de détention. Ils sont effrayés, mais ils refusent de partir”, a affirmé mardi Behrouz Boochani, un réfugié placé dans le centre. Il a été demandé aux réfugiés de quitter le camp après sa fermeture pour des installations résidentielles dans la ville principale de la petite île du Pacifique. Mais les réfugiés, détenus depuis 2014, ont refusé de déménager par crainte d’être attaqués par la population locale. “Couper l’accès à l’eau potable pour 600 personnes est un crime contre l’humanité”, a critiqué le sénateur australien écologiste Nick McKim, sur le réseau social Twitter mardi. “C’est une urgence humanitaire. L’eau potable a été coupée. Il n’y a pas de nourriture, à part ce que les réfugiés ont pu mettre de côté ces derniers jours”, a-t-il encore décrit à la chaîne de télévision australienne Sky. “La situation est tendue sur le terrain. Les réfugiés ont été menacés par les autorités pour qu’ils quittent le camp”, commente aussi Kate Schuetze, d’Amnesty International en Australie. “Nous ne savons vraiment pas ce qu’il va se passer mais nous entendons que les services sont déjà coupés à l’intérieur du centre. La nourriture, l’eau, le courant et les services médicaux sont retirés”, poursuit-elle. Les détenus entament aussi une action en justice mardi. Lundi, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a pressé l’Australie pour savoir ce qu’il allait advenir des réfugiés après la fermeture du centre. Julie Bishop, ministre australienne des Affaires étrangères, a insisté sur le fait que son pays cherchait activement des solutions. Le centre de détention établi par Canberra à Manus fait partie de la stratégie australienne visant à empêcher les demandeurs d’asile d’accéder à l’île-continent par bateau. Ils sont interceptés en mer et placés dans des centres délocalisés dans des petites nations du Pacifique le temps que leur demande d’asile soit traitée, sans toutefois ne jamais obtenir d’autorisation de rejoindre le territoire Australien. La pratique a été à plusieurs reprises critiquée par les Nations Unies et des organisations de défense des droits de l’homme. (Belga)

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