L’Europe subit-elle un afflux massif de migrants ?

En 2015, ainsi qu’en 2016, plus d’un million de personnes ont demandé l’asile au sein de l’UE. Le double de 2014. Ce chiffre et les images véhiculées par les médias peuvent donner l’impression d’une arrivée massive et ingérable. Les politiques et les médias évoquent ainsi une “crise des migrants” ou une “crise des réfugiés”. Mais il n’en est rien : n 2015, malgré l’augmentation constatée, l’Europe n’accueillait en réalité que 6% des réfugiés dans le monde.

La même année, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dénombrait 65,3 millions de personnes déplacées de force dans le monde du fait des persécutions et des con its. Un triste record. La toute grande majorité d’entre elles (40,8 millions) restent bloquées à l’intérieur de leur propre pays. Seule une petite partie, qui en a les moyens, arrive à franchir une frontière internationale. 21,3 millions étaient des réfugiés et 3,2 millions étaient des demandeurs d’asile en cours de procédure.

La plupart se trouve dans un pays voisin. Ainsi, 86% des réfugiés étaient accueillis dans un pays en développement. Les pays accueillant le plus grand nombre de déplacés de force étaient la Turquie, le Pakistan, le Liban, l’Iran, l’Éthiopie et la Jordanie. Les pays riches ou industrialisés n’accueillent normalement que très peu des personnes déracinées. Il est donc faux de croire que l’Europe accueille la plupart des réfugiés dans le monde ou n’a pas les capacités d’en accueillir autant, avec ses 500 millions d’habitants, quand des pays plus pauvres et plus instables en accueillent beaucoup plus.

Le nombre de déplacés dans le monde entier équivaut à la population française.
Dans le monde, 65,5 millions de personnes étaient déplacées contre leur gré, à la fin de 2016, selon les derniers chiffres diffusés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin. Un chiffre record, proche de celui de la population française (67,5 millions de personnes) et qui, pour la troisième année consécutive, montre l’ampleur du déracinement dans le monde, sous la pression des conflits et des violations des droits de l’homme.