« On n'enferme pas un enfant. Point. » : 700 panneaux et une cage dans le Parc royal de Bruxelles

Ce vendredi matin, dans le cadre de la campagne « On n’enferme pas un enfant. Point », des militants de la section belge francophone d’Amnesty International ont disposé dans le Parc royal des photographies de 700 panneaux de localités auxquels des militants ont adjoint une plaque précisant que « Ici, comme ailleurs, on refuse l’enfermement d’enfants innocents ». Une cage contenant des objets liés à l’enfance a également été installée dans le parc pour symboliser la cruauté de cette pratique.

Cette action précède une rencontre avec le cabinet du Premier ministre, Charles Michel, à qui des représentants des organisations partenaires de la campagne remettront les plus de 45 000 signatures d’une pétition demandant qu’un terme soit mis à la détention d’enfants pour des raisons migratoires et que l’interdiction de cette pratique soit inscrite dans la loi.

« À deux semaines des élections, des dizaines de milliers de personnes en Belgique envoient avec nous un message fort : l’enfermement d’enfants pour des raisons liées à la migration est inacceptable, quelles que soient les conditions de détention, quelles que soient les raisons invoquées » explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Cette rencontre fera également suite à la décision du Conseil d’État, le 4 avril dernier, de suspendre l’arrêté royal déterminant le régime et les règles de fonctionnement du centre fermé de Steenokkerzeel. Cette décision a été notamment motivée par les nuisances sonores dues à la proximité de l’aéroport de Bruxelles-National.

« La décision du Conseil d’État ne remet pas en cause le principe de la détention d’enfants pour des raisons migratoires. D’ailleurs, la ministre chargée de l’Asile et de la Migration, Maggie De Block, ne souhaite pas renoncer à cette pratique et envisage une adaptation du centre pour améliorer son insonorisation. Nous insistons : une prison, même dorée et mieux insonorisée, reste une prison », explique encore Philippe Hensmans.

Des représentants de la campagne « On n’enferme pas un enfant. Point. » ont par ailleurs rencontré au cours de semaines précédentes différents partis francophones et néerlandophones, à qui ils ont remis la pétition afin d’obtenir d’eux un engagement à mettre définitivement fin à la détention des familles et enfants pour des raisons migratoires.

« Des alternatives plus respectueuses des droits de l’enfant, moins coûteuses et plus efficaces existent. Nous attendons des autorités belges, présentes et futures, qu’elles les mettent en œuvre, les évaluent, et, le cas échéant, les améliorent », explique encore Philippe Hensmans.

Complément d’information

Selon le droit international et le droit belge, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qu’un État prend concernant les mineurs d’âge. Or, comme l’ont fait valoir plusieurs instances européennes et internationales, comme le Haut-Commissariat pour les Réfugiés, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies et la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, la détention d’un enfant en raison de son statut migratoire va toujours à l’encontre de l’intérêt supérieur de l’enfant et constitue une violation flagrante de ses droits.

L’UNICEF a par ailleurs insisté sur les conséquences néfastes que la détention, même de courte durée, peut avoir sur le bien-être psychique et physique des enfants, alors que le Rapporteur spécial des Nations unies pour la torture a pour sa part mis en évidence les dommages irréparables pouvant s’assimiler à de la torture ou à d’autres traitements cruels, inhumains et dégradant causés par cette pratique.

La campagne « On n’enferme pas un enfant. Point. » a été lancée en septembre 2017 par la Plate-forme Mineurs en exil et UNICEF Belgique en réaction au projet du gouvernement de placer à nouveau des enfants migrants en détention. Elle a depuis été rejointe par plusieurs partenaires (Amnesty International, Caritas International, CIRÉ, JRS-Belgium et Vluchtelingenwerk Vlaanderen) et est aujourd’hui soutenue par plus de 325 organisations actives en Belgique.

Article original: https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/on-n-enferme-pas-un-enfant-700-panneaux-et-une-cage-dans-le-parc-royal