Les bonnes nouvelles de mai

Chaque mois, des avancées sont possibles grâce à ta mobilisation ! Ton soutien n’est pas inutile, il est nécessaire pour continuer à défendre les droits humains !

Retour sur les bonnes nouvelles de ce mois de mai !

Hongrie : annonce de la fermeture des zones de transit


Depuis l’arrivée massive de personnes migrantes et demandeuses d’asile en 2015, la Hongrie a érigé une clôture le long de sa frontière avec la Croatie et la Serbie. Les migrants et demandeurs d’asile qui souhaitaient entrer dans le pays devaient alors passer par l’une des « zones de transit » installées à la frontière (camps entourés de barbelés où les migrants et demandeurs d’asile étaient enfermés et parfois même privés de nourriture pendant que leurs demandes d’asile ou de titre de séjour étaient examinées).

Une affaire, dénonçant ces mesures de détention, a été portée devant la Cour de justice de l’Union européenne, juridiction dont les décisions doivent être respectées par les États membres de l’Union.

La décision a été rendue le 14 mai dernier, et a conclu à l’illégalité de la détention des personnes demandeuses d’asile ou migrantes dans ces zones de transit.

Suite à cette décision, le gouvernement hongrois a annoncé la fermeture de ces zones de transit.

« La fermeture des zones de transit est un pas crucial dans la bonne direction, mais le gouvernement ne doit pas fermer ses frontières aux demandeurs et demandeuses d’asile ni restreindre leur accès à la protection », a déclaré Dávid Vig, directeur d’Amnesty International Hongrie.

Environ 300 personnes détenues dans les zones de transit, dont des familles avec des jeunes enfants, ont été transférées vers des centres ouverts ou semi-ouverts dans la matinée du 21 mai.

France : abandon des charges contre Cédric Herrou


Cédric Herrou est un agriculteur français qui avait été accusé d’« aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers en France » uniquement pour avoir aidé et hébergé des personnes demandeuses d’asile.

« Les poursuites engagées contre Cédric Herrou sont emblématique de la tendance croissante, dans toute l’Europe, à criminaliser les actes de solidarité ; l’importance de la décision qui a été rendue aujourd’hui s’étend donc bien au-delà de l’enceinte de cette salle d’audience », a déclaré Rym Khadhraoui chercheuse à Amnesty International.

« Il s’agit non seulement d’une victoire pour la justice mais aussi d’une victoire du bon sens. Cédric Herrou n’a rien fait de mal : il a simplement témoigné de la compassion à l’égard de personnes abandonnées à un sort tragique par les États européens.

« Nous sommes soulagés de savoir que cette difficile épreuve qu’a endurée Cédric Herrou a pris fin, mais nous tenons à souligner que cet homme n’aurait jamais dû être poursuivi en justice.

« Dans le sillage de la décision rendue aujourd’hui et de celle rendue en 2018 par le Conseil constitutionnel français, aux termes desquelles les activités humanitaires ne doivent pas être pénalement réprimées, le droit français devrait être modifié pour que le fait de faire entrer irrégulièrement un étranger sur le territoire national ne soit considéré comme une infraction pénale qu’en cas de contrepartie matérielle. »

Finalement, la Cour d’appel de Lyon a prononcé l’abandon des poursuite contre Cédric Herrou, montrant que la solidarité n’est pas un délit.

Azerbaïdjan : un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme en faveur de la journaliste Khadija Ismayilova


La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) est une Cour basée à Strasbourg, défendant les droits humains tels qu’énoncés dans la Convention européenne des droits de l’Homme de 1950. Le 7 mai dernier, elle a rendu un arrêt en faveur de la journaliste Khadija Ismayilova.

Khadija Ismayilova est une journaliste qui a subi une campagne de dénigrement en 2012 et un chantage à la « sextape » filmée par des caméras cachées dans son appartement.

Dans son arrêt, la Cour européenne des droits de l’Homme a conclu que les autorités azerbaïdjanaises n’ont pas protégé le droit à la vie de Khadija Ismayilova, enfreignant les obligations découlant de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

« L’arrêt de la Cour européenne révèle la complicité du système judiciaire azerbaïdjanais en vue de réduire au silence une journaliste de renom et d’attaquer le droit à la liberté d’expression dans le pays. Khadija Ismayilova a purgé une peine de prison pour de fausses accusations, et subit également depuis des années les manœuvres de harcèlement des autorités, l’intrusion dans sa vie personnelle et le dénigrement dans les médias contrôlés par l’État, a déclaré Natalia Nozadze, chercheuse sur le Caucase du Sud à Amnesty International.

« Cette décision témoigne aussi de la misogynie éhontée des autorités azerbaïdjanaises dans leur campagne de diffamation menée contre une femme journaliste. »

Belgique : un pas dans la bonne direction concernant l’accueil des mineurs non-accompagnés


La Commission des relations extérieures du Parlement fédéral belge a adopté le 6 mai 2020 une résolution (acte non-contraignant mais marquant la volonté de cette commission) visant à l’accueil par la Belgique de demandeurs d’asile mineurs non accompagnés, c’est-à-dire des enfants de moins de 18 ans qui ne sont pas accompagnés d’un parent ni d’un proche, en provenance des îles grecques.

« Il s’agit d’un premier pas important vers un principe de solidarité entre les États membres de l’Union européenne », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

« Nous attendons en outre de la Belgique et des autres pays européens qu’ils prennent leurs responsabilités en coopérant avec la Grèce pour relocaliser les personnes les plus vulnérables toujours coincées sur les îles grecques dans des conditions sanitaires désastreuses. »

Plusieurs mineurs non-accompagnés présents sur les îles grecques ont récemment été évacués vers le continent. Certains ont déjà été relocalisés au Luxembourg et en Allemagne. D’autres pays comme le Portugal, la Croatie, la Finlande, la Lituanie, la République d’Irlande et la France se sont également engagés à relocaliser des mineurs non-accompagnés.

Chine : Guligeina Tashimaimaiti a été libérée


Après plus de deux ans en détention dans un « camp de rééducation » chinois, Guligeina Tashimaimati, d’origine ouïghoure, a été libérée en mai 2020. Etudiante en doctorat en Malaisie, Guligeina Tashimaimaiti avait disparu alors qu’elle rentrait en Chine pour voir sa famille.

Depuis 2017, la Chine mène une campagne sans précédent de détention massive visant les Ouïghours, et d’autres minorités ethniques à majorité musulmane. Les personnes sont alors détenues dans des centres « de transformation par l’éducation » ou de « formation professionnelle » dans lesquels elles subissent de nombreuses violations de leurs droits humains.

Guligeina Tashimaimaiti a pu contacter sa famille par appel vidéo peu après sa libération. Ses parents ont déclaré qu’elle semblait en bonne santé et qu’elle enseignait maintenant l’anglais.

Costa Rica : légalisation du mariage homosexuel


Fin mai 2020, le Costa Rica est devenu le premier pays d’Amérique centrale à légaliser le mariage homosexuel !

Le Costa Rica devient ainsi le huitième pays du continent américain – après le Canada, les Etats-Unis, l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil, la Colombie et l’Equateur – à légaliser le mariage pour tous. C’est aussi le 29e pays à le faire dans le monde.

C’est désormais au tour des pays voisins de s’inspirer de cette bonne nouvelle et de faire de même !

Article original: https://www.amnesty.be/jeunes/informe/bonnes-nouvelles/bonnes-nouvelles/article/bonnes-nouvelles-53261