Des personnes migrantes retenues en pleine mer

Depuis le mois d’avril, sous prétexte de la pandémie, les autorités maltaises ont transféré des personnes demandeuses d’asiles secourues en Méditerranée centrale sur des navires privés utilisés pour le tourisme et les retiennent aux large de Malte.

Ces personnes doivent être débarquées sur le sol maltais et transférées vers des structures ouvertes où elles pourront bénéficier d’une aide adaptée et, si elles le souhaitent, demander l’asile.

Interpelle le Premier ministre de Malte pour qu’il autorise leur débarquement.

Des navires privés inadaptés aux besoins fondamentaux des personnes retenues

Les autorités maltaises ont fourni aux personnes retenues dans ces navires privés des matelas et de la nourriture, et des tests de dépistage du COVID-19 auraient été effectués. Cependant, certaines informations parues dans les médias et communiquées par des ONG locales laissent penser que la situation des personnes à bord est compliquée et qu’elle provoque de la détresse, des dépressions et de l’anxiété, poussant des passagers à entamer une grève de la faim tandis que d’autres auraient tenté de mettre fin à leurs jours.

Le 28 mai, environ 425 personnes étaient toujours retenues. Alors que les personnes à bord sont en droit de demander l’asile à Malte, c’est-à-dire une protection de la part de cet État, les autorités maltaises n’ont pas autorisé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, organe de l’Organisation des Nations Unies chargé de protéger les droits des réfugiés, à leur rendre visite. L’Agence pour le bien-être des demandeurs d’asile (Agency for the Welfare of Asylum Seekers) de Malte n’aurait pas non plus pu se rendre à bord du navire.

Le gouvernement maltais porte atteinte au principe de non-refoulement…

Le gouvernement maltais n’a pas précisé les raisons exactes ni les bases légales de cette mesure, se contentant d’invoquer une incapacité du pays à aider les personnes réfugiées et migrantes pendant la crise du COVID-19.

Il a menacé de ne pas laisser ces personnes débarquer tant que d’autres État membres de l’Union européenne ne proposeraient pas de les prendre en charge, portant atteinte au droit d’asile et au droit à la liberté dont ces personnes devraient bénéficier.

Les autorités doivent également respecter le principe de non-refoulement ainsi que d’autres obligations découlant du droit international.

Sais-tu ce qu’est le principe de non-refoulement ?

Le droit international interdit de renvoyer de force des personnes aux frontières d’un territoire où elles risquent de subir de graves violations des droits humains comme des traitements inhumains et dégradants ou la torture. C’est ce que l’on appelle le principe de non-refoulement.

Cette obligation s’impose à l’État, quel que soit le lieu où se trouve les personnes : en mer, à la frontière, dans un aéroport ou un port, au-delà des frontières ou à l’intérieur du territoire de l’État. Ce principe s’applique également à toute personne, quel que soit son statut (personne en situation irrégulière, personne reconnue réfugiée, etc.).

… ainsi qu’aux droits humains et aux droits des réfugiés

Suite à la décision des autorités maltaises de n’autoriser aucun débarquement, des bateaux en détresse ont été laissés à la dérive sans assistance pendant plusieurs jours.

Dans un cas, Malte aurait ordonné à des navires privés de secourir des personnes en mer et de les déposer en Libye. Une enquête est actuellement en cours à Malte à ce sujet.

Les retours forcés vers la Libye constituent une violation des droits humains et droits des réfugiés, puisque les personnes risquent alors d’y demeurer dans de mauvaises conditions.

Les autorités maltaises doivent mettre fin à cette détention arbitraire

Les personnes migrantes et demandeuses d’asile doivent pouvoir débarquer à Malte et y déposer leur demande de protection tout en bénéficiant d’un accueil adéquat !

Signe notre pétition afin de faire pression sur le Premier ministre de Malte pour qu’il autorise leur débarquement.

Article original: https://www.amnesty.be/jeunes/engage/agisenligne/article/migrantes-retenues-pleine